KALIMATOU





KALIMATOU

Les lumières du supermarché s'étaient éteintes d'un coup.
Immédiatement les torches des téléphones portables avaient pris le relais.
Et aux cris humains s’étaient mêlés des cris de créatures.
Kalimatou s’était raidie sur place tandis que devinant à peine les étalages qui l'entouraient, elle se faisait rudement bousculer par des clients devenus hystériques.
Ses cheveux afros traversés par une onde électrique, elle avait soudainement froid dans son ensemble de sport rose. Tout arrivait si vite qu'elle ne réalisait pas vraiment ce qu'il se passait. L'obscurité lui donnait la sensation de ne pas s'être réveillée de sa sieste quelques heures plus tôt. Rien n'était proprement visible ; on entendait des bruits de verre qui se brisaient, des bouteilles qui éclataient, des plaintes, des cris, des pleurs mais surtout des hurlements inqualifiables. Ils n'étaient pas humains… et Kalimatou était quasiment certaine qu'ils ne surgissaient pas de gorges d'animaux terrestres.
Elle tremblait tellement que ses dents flanquaient par moment. Quelqu'un la bouscula violemment et elle se retrouva les mains et les genoux à terre presque étonnée de savoir son corps encore capable de s'articuler - et ce fut son signal, enfin tenant son sac à bout de bras elle courut.
Kalimatou connaissait ce supermarché par coeur pour autant sortir ne fut pas une mince affaire. Elle se heurta à ce qui lui parut être un corps humain et tomba à plat ventre dans une flaque visqueuse, mais comprenant qu'il s'agissait d’une question de vie ou de mort elle se releva aussitôt et sortie enfin du supermarché... Pour se retrouver dans une rue où le chaos avait progressé plus gravement encore...
Les gens couraient dans tous les sens chassés par des créatures géantes dont Kalimatou ne devinait qu'une partie de leur monstruosité. Les lumières de la ville étaient toutes éteintes, des objets volaient dans tous les sens jetés par certains essayant de se défendre. Les créatures tuaient sans répit ni raison, même pas celle de la faim car elles ne dévoraient aucune de leurs victimes.
Kalimatou poussa un cri d'horreur incontrôlable qui la surprit elle-même, puis elle courut aussi prudemment et vite qu'elle le pouvait vers son quartier. A deux reprises un cadavre atterrit près d'elle. Elle suait, le coeur cognant dans la poitrine et les oreilles bourdonnant de tout ce vacarme horrible.
Des véhicules entraient en collision, la terreur régnait.
Kalimatou habitait au cinquième étage d'un HLM qui se situait à peine à cinq minutes et même en courant ce fut le trajet le plus horrifiant de toute son existence.
Lorsqu'elle arriva enfin dans son hall d'entrée elle tomba sur quelques voisins qui lui firent signe de descendre à la cave.
Une fois qu'elle passa la porte ils achevèrent de se barricader.



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