AKHIRA
AKHIRA Akhira ronflait ; ayant pour pyjama un débardeur bleu troué à plusieurs endroits et un bas de jogging autrefois blanc, son pied droit touchait le sol où la moitié de sa couverture verte en coton trainait, l’autre moitié recouvrant une partie de son dos, son long bras droit pendait du lit, ses cheveux crépus pointaient en tous sens sur sa tête tournée à gauche du côté du mur. S’il ne la connaissait pas, Malek, son frère de deux ans son ainé aurait pu croire qu’elle était morte dans cette position. Mais là, debout dans la chambre, à l’observer comme on observe un vers de terre sur lequel on aurait marché, il savait au bruit de moteur qui sortait des narines de sa sœur qu’elle était bel et bien en vie. Comme toujours Akhira dormait trop et trop longtemps le jour où c’était à elle d’aller acheter le pain. Il était dix heures vingt-sept, Malek savait que son père n’allait pas tarder à crier, et il n’était...