Les Murmures de L’Ombre - L'histoire de Fanta
100 MENSONGES POUR 1 FAIT
Elle
n’avait pas peur. Après tout, à 33 ans …
Déjà un, elle avait l’habitude des apparitions qui faisaient juste partie de sa
vie, et celle de sa famille depuis l’empire de Ghana. Deux, elle se savait
armée ; dans la dimension actuelle, celle qui s’élevait au-dessus de
l’état de moindre conscience, celle qu’on atteignait au moment du sommeil
profond, Fanta était armée d’un arc qu’elle contrôlait juste avec l’énergie de
son esprit.
Et dans
le coin de la chambre plongée dans le noir, elle le voyait déposé contre son
armoire, animé d’une énergie surnaturelle, violet fluorescent.
Elle
savait qu’elle pouvait juste l’appeler consciemment et qu’il se retrouverait
entre ses mains. Les flèches quant à elles, elle n’avait qu’à les appeler de la
même manière pour qu’elles surgissent dans sa main droite. Mais bizarrement,
alors qu’un être maléfique se tenait au bout de son lit, les yeux rouges
dansant dans l’obscurité, et grognant comme une bête, elle ne bougeait pas d’un
pouce ni même ne cherchait à l’abattre pour le moment… Elle regardait tour à
tour son arc déposé, et le maléfique grognant.
Sa jambe
gauche était hors de la couverture et elle sentait du sang en couler, elle
sentait des piqûres sur le mollet, et la lourdeur des deux pattes du maléfique
sur le bout du lit. Elle devinait des poils, il devait ressembler au loup
démoniaque qu’elle avait combattu une fois. Il se tenait comme prêt à bondir
sur elle, elle le sentait bien. Mais avant d’agir, avant de lui enfoncer une
flèche au milieu du crâne ou du cœur, il fallait qu’elle se souvienne bien de
la fois où un mal comme celui-là l’avait agressée. Fanta se comportait comme
quand on a oublié ce qui nous semblait être une bonne idée, et qu’on se
torturait l’esprit pour s’en rappeler. Le haut du corps à moitié relevé sur le
lit où elle s’était allongée pour dormir, c’était bien la seule chose qui la
retenait d’agir, pas la peur. Fanta était d’un peuple qui comptait en son sein
des archers, chasseurs de sorcières, et d’êtres maléfiques.
Ce
monde n’apparaissait que lors du détachement des esprits et des corps, dans le
sommeil profond durant lequel on se croyait rêver. Fanta faisait partie de ces
personnes qui avait le contrôle de leur pleine conscience à tout moment. Le
sommeil n’étant que le délaissement de la chaire et l’élévation de l’esprit
vers un niveau de conscience où tous les êtres de toutes natures se
rencontraient. Les victimes étaient ceux qui l’ignoraient, ils étaient
manipulés à leur insu, prisonniers d’êtres malveillants. Ceux que les archers,
et bien d’autres chassaient avec ce qu’il leur avait été laissé en héritage ou un
don qu’ils avaient développé.
La bête l’avait griffée profondément à
la jambe gauche, et Fanta savait que son corps rappellerait son esprit si la douleur
s’accentuait. Elle n’avait pas le choix, même si elle ne se rappelait plus la
fois où un démon comme celui-là s’en était pris à elle, et ce qu’il rapportait
comme mauvaise nouvelle, il fallait qu’elle agisse. D’un coup, l’arc
fluorescent se trouva entre ses mains et pile au moment où la bête rugissait et
bondissait sur elle, elle appela intérieurement une flèche vert fluorescent et
tira entre ses deux yeux rouges.
Elle eut
à peine le temps de sentir son poids s’effondrer sur elle, qu’elle se réveilla dans
son même lit, mais cette fois, dans cet état de conscience où elle n’était
qu’un esprit possesseur d’un corps humain, femme noire, belle et voluptueuse…
du 92.
Allumant la lumière du chevet, Fanta se
tira difficilement hors de son lit. Dans ce monde-là, le démon n’apparaissait
pas sous ses yeux mais elle sentait sa présence toujours. Elle rattacha
immédiatement ses longues tresses et mis un foulard multicolore pour les
maintenir ; elle détestait transpirer du cou, ce qui malheureusement lui
arrivait souvent au retour de ses combats nocturnes.
Se
levant, elle trébucha sans tomber, sautillant sur sa jambe droite. Alors
qu’elle allumait la lumière du plafond d’un geste sur l’interrupteur, les
fenêtres de sa chambre s’ouvrirent d’un coup et un vent violent souffla à
l’intérieur quelques secondes, puis cessa soudainement avant que les fenêtres
ne se referment aussi brusquement. « Le démon a été nettoyé, maintenant
c’est à mon tour de me nettoyer » murmura Fanta jaugeant sa jambe
ensanglantée.
Elle alla dans sa salle de bain et
soigna ses griffures, puis se fit un bandage.
Fanta
éteignit la lumière, et fit son retour dans son lit frais dans un soupire de
délectation ; elle aimait la fraicheur de son lit. Elle jeta un coup d’œil
à son portable sur son chevet : il était 1h37, et à peine 2 minutes plus
tard, elle s’endormait profondément.
...
Le
réveil de son portable eu à peine sonné que Fanta l’éteignit instamment, elle
était déjà réveillée, tirant sur sa cigarette électronique. Assise au milieu de
son lit, elle avait navigué sur internet depuis son mobile et n’avait eu aucune
difficulté à trouver le numéro de téléphone de la femme dont la voix lui avait parlé. Le murmure de
l’ombre en avait eu une bonne à lui raconter, juste après qu’elle se soit
rendormie. Cette voix, Fanta ne savait rien d’elle, ni même si elle était de
droite ni si elle était de gauche. Et bien-sûr que c’était important, pas pour
les élections seulement mais aussi parce que dans les mondes le mal et le bien
étaient en guerre depuis Adam, Eve et l’autre maléfique. En résultait des
malheurs et des manigances interminables. Et cette voix, qui murmurait au
milieu de la nuit, lui rapportait des faits de temps en temps, et à d’autres
moment, elle lui rapportait des mensonges. Fanta avait compté, il y avait toujours
100 mensonges pour 1 fait. Depuis le temps, elle savait repérer la vérité au
milieu de ses mensonges. Malgré tout, ce que Fanta n’aimait pas, c’était le
fait qu’elle n’avait aucun moyen de se défaire de cette voix qui semblait la
trouver dans un état où sa conscience l’immobilisait, et où elle ne pouvait
rien faire qu’écouter et répondre. Elle se sentait vulnérable dans ce cas. Mais
la voix qui était tantôt comme une voix d’une personne de son entourage, tantôt
comme une voix inconnue, ne faisait rien que blablater. 100 mensonges pour 1
fait. Elle ne s’en prenait pas à elle physiquement, mais ses jeux de mots
pouvaient créer des malheurs si on ne savait déceler ses mensonges.
Fanta attendit qu’il soit 09h, normalement un
être humain qui avait une vie était levé à cette heure-là d’après elle ; elle
n’eut aucune réponse, elle se doutait qu’appeler une femme en deuil en numéro
caché n’aidait pas non plus. Elle rappela sans succès d’abord, puis une voix de
femme lui répondit finalement au bout du 4ème essai :
- Bonjour madame, bon voilà c’est
simple : je ne vous connais pas et vous non plus. J’ai déjà fait ce que je
fais plusieurs fois, du moins assez de fois pour savoir que…
Fanta
n’eut pas le temps de finir sa phrase que la femme poussa un soupir et raccrocha.
C’était sans surprise pour elle, combien de fois lui avait-on raccroché au nez.
Elle s’obstinait parce que de son point de vue, il n’était pas possible qu’elle
ait accès à des faits pour ne rien en faire par la suite. Forcément, il fallait
qu’elle fasse quelque chose.
Prévenir
d’une manière ou d’une autre. Alors elle rappela, tombant sur le répondeur,
elle ferma les yeux comme essayant de ne pas manquer un seul fait, parmi les
mensonges des murmures de l’ombre et elle débita sur le répondeur de la dame
inconnue :
« Madame
BERN, vous ne me connaissez pas, et je ne vous donnerai pas mon identité, vous
allez devoir faire avec… Votre mari est responsable de ce qui est arrivé à
votre fils. Il lui a donné une boisson énergétique à laquelle il a rajouté une
substance et l’a fait courir, tout en sachant que son cœur ne tiendrait pas.
Pour l’argent comme toujours dans ces cas, même si ça peut paraître cruel. Il a
souscrit une assurance vie depuis plus de 2 ans et depuis, il entend un murmure
qui lui incite à s’en prendre à vous ou à votre enfant promettant une vie de
richesses et une retraite anticipé. Il a été faible.
Au revoir
madame, toutes mes condoléances. »
Fanta
raccrocha, en murmurant : « Vous faites ce que vous voulez de ces
informations. » Ce n’était pas tant que cela lui était égal, mais Fanta n’avait
pas de preuves et elle n’était ni pas flic ni juge. Elle ne perdait plus son
temps à convaincre, elle avait 6ème sens assez de fois pour savoir
quelles scènes étaient à éviter.
Grimaçant,
elle se mis sur ses jambes et entreprit de vivre la journée grise et pluvieuse
qui s’annonçait. En attendant le sommeil, et les autres aventures qui
survenaient la nuit ou pas… Certaines nuits, elle dormait juste. Sans rien
voir, sans rien entendre ; étonnement ces nuits là ce produisaient de plus
en plus. Elle se demandait même si cela signifiait qu’elle perdait son don… Ou
peut-être que ce n’était que le calme avant la tempête.
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